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Reconnecter dans un monde hyperconnecté

RETOUR SUR L’ATELIER DE A CONFÉRENCE DE MARTIN LESSARD, MT LAB

La conférence d’ouverture de l’événement annuel de 100° a été tenue par Martin Lessard, directeur général de MTLab. Il a lancé la journée avec énergie en nous entretenant du rapport de force entre la société et la technologie. Il nous a donné des clés pour comprendre ce qu’est la technologie et surtout son codéveloppement avec l’humain.

Cette analyse équilibrée a exploré les deux côtés de la médaille, entre la menace et l’occasion, l’assistance et la surveillance, et nous a permis de faire la part des choses :

  • Ce n’est pas une question de technologie.
  • C’est une question d’usage de la technologie.

Une façon de voir la technologie est le déplacement de la puissance de l’état ou d’une puissance centrale vers l’individu. C’est plutôt rare qu’on utilise cet angle pour définir une technologie; mais elle englobe toutes les technologies. L’arquebuse a été développée par un état riche et puissant. L’individu, à son tour, avec l’amélioration des armes, est devenu ensuite aussi puissant.

Il utilise cet angle pour tirer deux constats des technologies hyperconnectées que nous connaissons aujourd’hui :

  • Le citoyen a un plus grand pouvoir grâce à elles.
    (Pensez à #MeToo.)
  • Mais le citoyen n’est pas devenu plus sage grâce à elles.
    (Sous le tweet le plus sage se trouve la pire bêtise humaine.)

De la même façon, chaque technologie peut être utilisée pour le bien ou pour le mal. Avec les logiciels de reconnaissance faciale, on peut identifier la douleur sur le visage d’un patient et alerter le personnel médical. Mais avec la même technologie, on peut pister chaque personne et ses déplacements dans une ville, ou faire de l’hypertrucage (deep fake). Les vidéos où l’on fait dire ce que l’on veut à un président sont les plus connus.

Les promesses de l’intelligence artificielle (IA)

Loin d’être alarmiste, Martin Lessard recadre ce terme dès le départ en disant que le mot « intelligence » est en fait une mauvaise traduction de l’anglais intelligence qui veut aussi dire habilité à faire des opérations informatiques. Selon lui, on devrait davantage parler de simulation d’intelligence.

Le principal attrait de l’intelligence artificielle est l’automatisation à un degré supérieur. Toutes les situations répétitives dans un environnement stable peuvent être automatisées : identification d’objets ou de personnes, manipulation et transport d’objets, détection d’anomalie, etc.

Quel impact peut avoir l’IA pour des gens comme nous, de la communauté 100°?

L’automatisation nous permet d’augmenter notre force de frappe. Le travail d’une petite équipe de 5 personnes appuyée par de l’intelligence artificielle peut avoir l’impact d’une équipe de 50 ou 100 personnes! Par exemple, elle peut fournir de l’aide à la décision ou réduire des coûts de gestion et de maintenance.

Des exemples où l’IA aide à avoir un impact social

  • À Toronto, des feux de circulation mesurent le trafic et s’ajustent en temps réels pour maximiser la circulation.
  • À la Ville de Québec, les images captées par des caméras dans des lampadaires permettent d’identifier des espaces de stationnement libres et de diffuser l’information sur une application.
  • À Barcelone, le réseau d’autobus a été redessiné afin de minimiser le nombre de correspondances grâce à la cueillette et l’analyse des données d’utilisation : maintenant, 95 % des trajets effectués ont aucune ou une seule correspondance.

Il faut cependant retenir ce que l’IA ne peut pas maîtriser :

  • Analyse et prise de décision stratégique
  • Empathie
  • Exception
  • Saisir le sens

Ces éléments sont et resteront humains.

L’effet amplificateur des médias sociaux

Tous les médias ont eu un impact dans l’histoire – pensez à l’arrivée de l’imprimerie, de la radio, de la télévision… Les médias sociaux ont l’avantage incroyable de connecter des gens aux intérêts similaires et d’exposer les utilisateurs à des communautés diverses. Aujourd’hui, nous connaissons bien le pouvoir amplificateur des médias sociaux – des bons et des mauvais côtés de l’humanité.

Par exemple, le hashtag devient un cri de ralliement et permet de reconnaître des enjeux qui passent sous le radar médiatique. Pour des acteurs du changement comme les membres de la communauté 100°, les médias sociaux peuvent nous aider à mobiliser davantage et coordonner plus simplement l’action citoyenne. Le pouvoir de la viralité est surprenant, mondial et local à la fois. L’exemple de la mobilisation autour de la cause portée par Greta Thunberg nous vient tout de suite à l’esprit!

Mais d’un autre côté, l’utilisation des réseaux sociaux peut être dangereuse, s’ils deviennent la seule source de contenu d’une personne. Il se crée alors une chambre à écho autour d’elle. C’est un amplificateur de biais cognitifs : la personne est de plus en plus exposée à des échos de point de vue et de moins en moins à de l’information. Ajoutez l’absence de code de conduite en ligne, l’indignation à fleur de peau et la propagation de fausses nouvelles : cette technologie peut avoir un mauvais impact social.

Le conseil de Martin Lessard est de prendre son temps, même si ce média est ultrarapide. Il est important, pour des acteurs de changement, de donner du contexte et de bâtir la confiance. Il ne faut pas sous-estimer l’impact que nos propos peuvent avoir en dehors de notre sphère – on ne voudrait pas générer de l’indignation.

Le potentiel des données ouvertes

Les organismes publics rendent de plus en plus les données (non nominatives, évidemment) accessibles à tous pour qu’elles soient revalorisées. Le potentiel des données est extraordinaire. Elles peuvent, par exemple, servir à surveiller ce qu’un organisme fait avec un budget public. Les données peuvent aussi être utilisées dans un autre contexte pour obtenir de nouvelles analyses. Un bel exemple de revalorisation des données avec un impact social est l’application Transit, où les données de position des trains et des autobus en temps réel permettent de calculer le meilleur itinéraire.

L’ouverture des données promet plus de transparence et d’imputabilité; mais il y a aussi un risque, la mauvaise interprétation. À la base, une donnée ne veut rien dire. Elle a besoin de contexte et d’analyse pour bien l’interpréter. Il faut distinguer :

  • une donnée : un nombre sans contexte (Ex: 10, 5)
  • une information : une donnée avec contexte (Ex: Surface gazonnée dans le quartier; 2016: 10km2; 2019: 5km2)
  • une connaissance : une information qui s’inscrit dans un contexte qui porte à agir (Ex: Il y a une diminution des espaces verts.)

On croyait mieux comprendre le monde en ayant plus de données. Mais plus de données demande plus de contexte. Une donnée libre n’est que le début du travail. Ça prend des humains pour la transformer en connaissance.

« Les données n’ont pas de sens. C’est l’humain qui lui en donne. »

Mais surtout, avoir plus d’information n’étanche pas notre soif de sens. Selon Martin Lessard, le sens se trouve dans la formation de communauté; dans la connexion entre les humains.

Durant la période de questions, il a partagé son intuition sur la progression des technologies que nous utiliserons : « Comme les outils de communications sont de plus en plus morcelés, je crois que la technologie servira d’outil de notification, pour créer de vraies rencontres et de vraies connexions, hors ligne, locales. Le surplus de numérique nous reconnectera dans la communauté. » Parce que le besoin de créer du sens est plus fort.

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